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Un agent de vulgarisation agricole saisit les données d'une enquête semestrielle dans l'application mobile 3D, dans l'État d'Ekiti.

Comment la 3D soutient un programme regroupant 25 partenaires et plus de 113 000 producteurs de cacao au Nigeria

  • 5 octobre 2026

Le Nigeria figure régulièrement parmi les premiers producteurs mondiaux de cacao, mais bon nombre de ses producteurs de cacao travaillent encore à un niveau de subsistance. TRACE — Traçabilité et résilience dans l'agriculture et les écosystèmes cacaoyers — est un programme quinquennal financé par le ministère américain de l'Agriculture qui vise à changer cette situation. 

Le programme TRACE, qui en est désormais à sa quatrième année, vise à accroître la productivité de la chaîne de valeur du cacao en formant les petits exploitants aux pratiques agricoles améliorées, en renforçant les relations entre acheteurs et vendeurs et en mettant en place un système de traçabilité permettant de suivre le parcours du cacao nigérian, de la plantation jusqu'à l'exportation.   

Ce programme, mis en œuvre par Lutheran World Relief (LWR), couvre six États — Abia, Akwa Ibom, Cross River, Ekiti, Ondo et Osun — et 2 475 communautés, avec pour objectif d’atteindre directement 68 453 agriculteurs. Il est mis en œuvre par l’intermédiaire de 25 partenaires, notamment des négociants en cacao, des exportateurs et des organisations œuvrant pour le développement durable. 

 

Lors d'une session de formation organisée dans un village nigérian, un formateur s'adresse avec enthousiasme à un groupe d'agricultrices assises en cercle à l'extérieur, sous un arbre.

Une session de formation avec des producteurs de cacao dans l'État d'Ondo.

Le défi

La formation de dizaines de milliers d'agriculteurs génère un flux d'informations important et complexe : qui a été formé, sur quel sujet, quand et où, ainsi que les quantités de cacao que les producteurs cultivent et vendent. 

Le défi récurrent dans le domaine du développement international consiste à gérer et à exploiter efficacement de grands volumes de données. Celles-ci se retrouvent souvent dispersées sur des plateformes disparates : collectées sur l’une, stockées sur une autre, analysées sur une troisième et présentées dans un rapport issu d’une quatrième, de sorte qu’il n’y a aucun lien entre elles. Les erreurs s’accumulent à mesure que les données sont copiées d’un système à l’autre, l’élaboration des rapports prend plus de temps et les liens entre les chiffres et les enregistrements dont ils sont issus se rompent. 

De plus, le projet TRACE présente une complexité supplémentaire. Bon nombre de ses 25 partenaires de mise en œuvre sont des concurrents, et les données qu’ils détiennent sur les agriculteurs relèvent du secret commercial. 

LWR souhaitait disposer d'un écosystème de données unique permettant de gérer l'ensemble du programme, plutôt que d'une succession d'outils disparates. Ce même système devait également garantir une sécurité et une séparation des données rigoureuses, afin que chaque partenaire ne puisse accéder qu'aux données relatives à ses propres agriculteurs. 

La solution

LWR s'est tournée vers CGA Technologies, une société du groupe Corus International, et 3D.  

Spécialement conçu pour le développement international, 3D est adapté aux environnements opérationnels complexes, aux connexions limitées et aux contextes fragiles. Les données sont collectées une seule fois, en ligne ou hors ligne, puis stockées, gérées, analysées et présentées sous forme de rapports. Et comme les droits d’accès sont contrôlés, les données de chaque partenaire peuvent être stockées dans la même base de données et ne sont visibles que par sa propre équipe. 

En étroite collaboration avec LWR, CGA a élaboré la configuration en s’appuyant sur la structure du programme — son but, ses objectifs et ses indicateurs, les activités qui les sous-tendent, les modalités de collecte, de stockage et d’utilisation des données, ainsi que chacun des partenaires — et a conçu les formulaires. Les formulaires ont été testés et révisés, les équipes ont été formées, et la collecte de données en conditions réelles a débuté en février 2024. 

Capture d'écran du profil d'un agriculteur en 3D. Un panneau présentant les informations d'inscription — numéro d'identité, nom, âge, village, taille du foyer, superficie de l'exploitation et culture principale — figure à côté de la mention de son adhésion à la coopérative. En dessous, un tableau récapitulatif des rendements répertorie les récoltes par saison et par culture.

Profil d'un agriculteur en 3D, présentant les informations d'inscription, l'adhésion à une coopérative, les rapports de rendement et les dossiers de formation dans une vue unique et intégrée. Données de démonstration.

Comment ça marche ?

Chaque agriculteur participant au programme 3D est affilié à un groupe d'agriculteurs, chacun étant lui-même affilié à un partenaire de mise en œuvre spécifique. Les agents de terrain qui animent les activités de formation ne sont affiliés qu'à un seul partenaire et aux groupes d'agriculteurs qui lui sont rattachés.

Les agents de terrain utilisent l'application mobile 3D : ils téléchargent les formulaires lorsqu'ils se trouvent dans une zone couverte par le réseau, les remplissent hors ligne sur le terrain, puis les synchronisent dès qu'ils retrouvent un signal. Le registre de formation consigne le thème, le module, l'heure et le lieu, principalement grâce à des menus déroulants et des champs automatiques. Les coordonnées GPS et les photos sont enregistrées simultanément, ce qui permet de vérifier la cohérence entre le lieu indiqué et celui où les photos ont été prises. 

Un agent de terrain note les réponses des agriculteurs sur une tablette lors d'un entretien devant une maison de campagne dans l'État d'Ondo, au Nigeria. Deux agriculteurs sont assis face à lui ; l'un d'eux s'exprime en levant les mains.

Un agent de vulgarisation agricole saisit les données d'une enquête semestrielle dans l'application mobile 3D, dans l'État d'Ondo.

Chaque enregistrement saisi dans 3D est interconnecté : chaque agriculteur est associé à un groupe d’agriculteurs, à un partenaire de mise en œuvre et à une communauté au sein d’une collectivité locale d’un État. Chaque session de formation est reliée à la fiche de chaque agriculteur qui y participe, ainsi qu’au module et au formateur correspondants. Le fait de conserver ces relations au sein même des données plutôt que de les reconstituer a posteriori permet à un agent de terrain de filtrer à chaque niveau pour trouver les fiches dont il a besoin — et TRACE peut ainsi compter le nombre d’agriculteurs distincts, suivre l’historique de formation d’un agriculteur ou afficher la couverture par partenaire en un seul clic. 

Ce que révèlent les données

Grâce à la 3D, l'équipe TRACE dispose d'une vue d'ensemble des activités du programme au fur et à mesure qu'elles se déroulent, et non plusieurs mois plus tard, ce qui modifie la nature des mesures qu'elle peut prendre : les lacunes en matière de couverture apparaissent alors qu'il est encore temps de les combler, les modules de formation peuvent être adaptés en cours de cycle, certains groupes peuvent être ciblés, et l'impact d'une décision prise au trimestre précédent peut être évalué à la lumière des données actuelles plutôt qu'à l'occasion de la prochaine enquête annuelle. 

Par exemple, l'analyse des données 3D a mis en évidence des lacunes en matière de formation : certains groupes d'agriculteurs et agriculteurs des États du Sud-Ouest et de Cross River n'avaient pas encore été touchés. Les efforts ont alors été recentrés sur ces zones, ce qui a permis d'augmenter considérablement le nombre d'agriculteurs touchés et de nouvelles inscriptions, qui sont passées de 23 000 à 40 000. 

Au total, 113 625 agriculteurs sont désormais inscrits au programme et 67 667 ont suivi une formation aux bonnes pratiques agricoles — un résultat supérieur aux objectifs, alors qu’il reste encore un an avant la fin du programme. 

3D contient bien plus que les données des agriculteurs : elle inclut notamment les dossiers de formation des intermédiaires, des distributeurs de matériel agricole et des exploitants de pépinières ; les associations villageoises d’épargne et de crédit ; les suivis de terrain réguliers et trimestriels ; ainsi que les enquêtes annuelles portant sur les rendements et la valeur des ventes des agriculteurs. Comme toutes ces informations sont collectées dans 3D, il n’y a pas de processus de reporting distinct : les rapports sont générés directement à partir des données. Oluwatosin estime que cela a permis de réduire le temps consacré au reporting d’au moins 25 %. 

Capture d'écran d'un tableau de bord en 3D intitulé « Agriculteurs et portée ». Trois vignettes d'indicateurs présentent le nombre d'agriculteurs enregistrés, le nombre d'agriculteurs formés et la proportion d'agriculteurs formés, chacun de ces indicateurs étant mesuré par rapport à un objectif, dont deux indiquent que l'objectif a été dépassé. En dessous, un histogramme compare le nombre d'agriculteurs par district par rapport à une ligne de référence, et un graphique en anneau présente la répartition des agriculteurs par sexe.

Tableau de bord d'un programme en 3D, présentant les inscriptions et les formations des agriculteurs par rapport aux objectifs, avec les résultats par district et par sexe. Données de démonstration.

Et maintenant ?

3D soutient désormais quatre programmes de l'USDA pilotés par LWR : TRACE-Nigeria, PROFIT-Togo, SAMBRIDHI-Népal et Vietnam-Aquaculture. Les indicateurs standard de l’USDA étant intégrés dès la conception, chaque rapport s’appuie sur la même structure sous-jacente : un enregistrement cohérent et vérifiable des performances du projet, qu’il s’agisse d’une initiative dans un seul pays ou d’un vaste portefeuille impliquant plusieurs partenaires. Des tableaux de bord en temps réel et des analyses intégrées à la plateforme permettent de désagréger les données par zone géographique, cohorte ou composante du projet, de sorte que le personnel de terrain, les équipes MEL et la direction travaillent tous à partir d’une même vue d’ensemble en temps réel. 

Je donne à 3D une note de 10 sur 10, et je le recommanderais à n’importe quelle organisation. Des protocoles sont en place pour garantir que vos données sur 3D sont en sécurité, protégées et à l’abri de toute ingérence ou manipulation extérieure. Et CGA est très réactive : si nous exprimons un besoin, ils l’étudient et, si c’est possible, l’intègrent au système.

- Oluwatosin Oni, directrice du programme MEL, TRACE, LWR. 

Le projet TRACE est mis en œuvre par Lutheran World Relief en collaboration avec CRIN, l'IITA et C-Lever.org, avec le soutien financier du ministère américain de l'Agriculture dans le cadre du programme « Food for Progress », et se déroulera d'octobre 2022 à septembre 2027. 

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